Réponse aux articles du Pays Malouin du 10/02/2010 sur "l’emprunt toxique"
Nos élus, un peu tard ,crient sur Dexia. Au sujet de l’emprunt toxique, je n'approuve pas les reproches contre cette banque. C’est trop facile d’accuser les autres. Par contre, si les commerciaux de cette banque ont sû vendre à Cancale, ils ont fait choux blanc dans les autres communes du canton et pourtant la pression n’en a pas été moindre dixit un secrétaire de mairie. Il est quand même aberrant de voir une commune, à l’ego surdimensionné gober ce type de contrat, pour faire simple : "un remboursement à taux variable".
Ces déclarations publiques m’importunent et m’appellent à rappeler l’historique de cette affaire au moins par les informations mises à la disposition du public. La Mairie a signé, le premier semestre 2007, cet emprunt. Dexia était en pleine crise américaine du subprime, un crise pourtant largement relayée par la presse et la télévision. Aussi cet emprunt de 3.500.000 euros ne pouvait échapper, lors de sa prise de fonction en mars 2008, à la vigilance du nouveau Maire qui, à plus forte raison , s’appropriait à lui seul tout le poste des finances de la Ville.
Entre avril et juin 2008, pas un mot sur cet emprunt toxique.
Juin 2008, première échéance, parité euro/ franc suisse 1, 6078 au 30/06/2008, largement au-dessus de 1,45. Monsieur Mahieu, de citoyen victime devient, comme élu, complice de cet état de fait. Il paie l'échéance sans crier au scandale. L'opposition toujours sûre de son coup, s’endort sur ses lauriers
Septembre 2008 la banque américaine Lehmans Brothers, suite au refus du trésor
américain de venir à son secours, se déclare en faillite. Première victime
déclarée officiellement des subprimes. Erreur fatale de l'administration
américaine qui provoque dans le monde entier la chute des bourses et
l'effondrement des banques. Le monde échappe de justesse à une crise du type
1929 car les gouvernements injectent des milliards d’euros et dollars pour
sauver le système bancaire qui s’était fourvoyé en achetant ce type
d’actions. Dans le même temps Dexia , fragilisé par la faillite de sa filiale
américaine (responsable de l’achat de ses emprunts toxiques), réclame
d'urgence l'aide de ses actionnaires. Les Etats : France et Belgique
s’exécutent. Pendant tout ce temps les élus cancalais continuent à se
distribuer des postes dans les commissions tout en coupant les ailes aux élus
de l’opposition et, cet emprunt toxique se fait chaque jour de plus en plus
pesant sur nos finances car le prix à payer du bon de sortie s’accélère.
Janvier 2009, résultat de l'audit qui met en évidence la dangerosité de l'emprunt Dexia. Le citoyen découvre que la mairie joue les traders. Blablabla en conseil mais aucune mesure n’est engagée contre Dexia ou pour sortir de ce piége. Entre janvier et juin 2009, que de mots, sans aucun effet pour redresser la situation alors que le monde financier est en effervescence.
Juin 2009, la parité euro- franc suisse est toujours bonne : 1,5237 au 28/06/2009. Par contre le taux de change chute régulièrement. La Ville continue de discuter sur cet emprunt mais toujours rien de concret. Hélas, en plus du capital dû, le taux grimpe et le bon de sortie à payer s’accélère au fur et mesure que les pertes de Dexia augmentent . L’opposition ne dit toujours pas mot
Mars 2010, le 25/03/2010, l’euro décroche pour la première fois depuis l’arrivée de Monsieur Mahieu à 1,4340. Panique à la mairie...On peut lire dans un compte rendu du CM de Mai 2010 "que depuis février 2010, la collectivité suit le cours de change et régulièrement dresse des hypothèses de rachat d’échéance, et surtout depuis le 17 mars où la cotation est inférieure à 1.45 et depuis le 11 mai, avec une cotation inférieure à 1.41. N’ayant pas de moyen de sortie de cet emprunt, un contact a été pris avec DEXIA pour essayer de maîtriser le coût financier pour l’échéance du 1er juillet. Etc ". Après deux ans d’immobilisme, cette prose est hallucinante et contraire à l’historique des faits. Elle se lit en page 13 de ce conseil de mai 2010 et en questions diverses. Les élus se moquent des cancalais!
Mai 2010, pris au piége Monsieur le maire se voit contraint de jouer le boursicoteur et de trouver le créneau le moins mauvais pour payer cette échéance à 5,31% au lieu d'un possible 8%. Exploit : non certainement pas contrairement à ce qu’on a entendu d’une élue de l’opposition en conseil. Carence sûrement pour n’avoir pu anticiper une sortie dès juin 2008 voir au pire juin 2009 même avec une pénalisation qui aurait été toujours moindre que celle d'aujourd'hui . Dire que ce n’était pas possible c’est faux car d’autres Villes se sont exécutées soient totalement ou partiellement de la dette .
D’ailleurs :
1)Extrait du CM de juin 2010<monsieur le Maire précise
que les Villes qui ont tenté de sortir globalement de l’encours de leur emprunt
ont eu en moyenne un coût à supporter égal à 35 % de la valeur du capital
concerné. Cela représenterait pour Cancale 1 million d’euros>
Un million d’euros c’est beaucoup mais comparer à ce qu’on lit aujourd’hui :
2) Extrait du CM janvier 2011 <M. le Maire ajoute que la Commune de
Cancale est dans une situation de risque majeur. Un point sur la dette a été
fait : le capital restant dû est situé à un peu plus de 3027 K€. Pour sortir de
l’emprunt DUAL, en plus du montant du capital restant dû, l’indemnité qui aurait
alors été appelée par Dexia au 1er décembre 2010 était évaluée à 4209 K€. Cela
veut dire que potentiellement, la situation financière de la commune est plombée
d’un encours réel de 7 M€. Si on voulait éviter de subir les aléas
de la fluctuation du franc/suisse, à la même date, la proposition de Dexia était
de figer le taux d’intérêt à 16,04 %. Etc.>
Aujourd’hui les cancalais vont payer cher ce laxisme des élus. Monsieur le Maire, dépassé, a fait appel à un expert en finances publiques <SELDON FINANCES> qui va entreprendre, ce dont Monsieur Maire et les services pléthoriques de la mairie ont été incapables de faire, une étude sur la gestion active de la dette en vue d’élaborer une méthodologie de suivi de la dette . Encore une ligne de dépenses qui alourdira le budget et, par voie de conséquence, nos impôts.