Deux projets pour 285 hectares de moules en filières - Cancale

jeudi 22 décembre 2011


Henri Narzis, commissaire enquêteur, avec des habitants de 
Saint-Coulomb.

 

 

Pourquoi ? Comment ?

Deux projets d'exploitation de moules en filières ont été soumis à l'autorisation du préfet. Les sites se trouvent au large du Guesclin et à l'ouest de Cancale. Les mairies de Saint-Coulomb et Cancale, ainsi que de Saint-Malo et Saint-Méloir, accueillent depuis la mi-décembre et jusqu'au 13 janvier, les pièces du dossier ainsi qu'un registre. En dépit de l'affichage légal, l'enquête dite d'utilité publique est restée quasi confidentielle à cause de la date inadaptée.

Quelles superficies ?

Les deux sites mesurent 85 et 200 hectares. L'impact est loin d'être négligeable puisque le premier projet s'inscrit près du fort du Guesclin, vers les Tintiaux, sur une zone rectangulaire de 1 890 m de long sur 450 m de large. Le second projet s'étend dans un rectangle de 2 km ouest-est sur 1 km nord-sud, entre la Basse-du-Nid et la Grande-Burnouze. Il accueillerait jusqu'à 150 filières.

Pourquoi en mer profonde ?

Cela permet de s'affranchir des contraintes du marnage, pour garder les moules tout le temps immergées au large. Elles se nourrissent tout le temps, à la différence des moules dites de bouchots (sur des pieux qui découvrent à marée basse). D'où leur spécificité gustative.

C'est quoi, des « filières » ?

La technique consiste à mouiller des lignes de 100 m de long chacune, soutenues tous les deux mètres par des bouées. Sur ces lignes (lestées aux extrémités par des blocs de 2,5 tonnes) sont accrochés, tous les mètres, des cordages de 4 m servant de support aux moules.

Quels opérateurs ?

Salardaine-Vettier, du Vivier, et Laurent Hurtaud, associé de Cultimer à Charron (Charente-Maritime). Ils créeraient une nouvelle EARL, qui produirait annuellement 200 à 300 tonnes de coquillages après une mise en place progressive de 50 filières sur quatre ans (en renouvellant l'ensemencement à 80 %). À Cancale, Franck Quema, associé à Eva et Sylvain Cornée, ainsi que Fabrice Salardaine, plus la famille Margat, de Fourras (Charente-Maritime).

Quel intérêt économique ?

Les opérateurs invoquent une diversification de leurs moyens de production, celle-ci étant insuffisante (notamment pour la demande en juin). Cela permettrait de prendre le relais après la période des bouchots. Le prix de vente au kilo se situerait entre 1,50 et 1,70 €.

Avec quels moyens ?

Pour le projet devant Saint-Coulomb, le véhicule amphibie Rapetou ferait la navette entre les filières et le site de traitement du Vivier-sur-Mer dans la phase d'expérimentation. Puis il y aurait la fabrication d'un bateau plus adapté, pour le « déplumage » des moules, voire aussi pour le lavage, calibrage et conditionnement à bord (au lieu d'un traitement au Vivier). À terme, un à deux emplois seraient créés. Même système pour Cancale, avec des passages en bateau par la Vieille Rivière.

Où s'informer et réagir ?

Des permanences sont prévues à la mairie de Saint-Coulomb, avec le commissaire enquêteur, Henri Narzis. De 9 h à midi, mardi 27 décembre, samedi 7 janvier, et vendredi 13 janvier. Et à Cancale avec André Gilbert, aux mêmes dates, de 13 h 30 à 16 h 30. En outre, le dossier et le registre de réactions sont accessibles tous les jours dans les mairies précitées.

Gérard LEBAILLY.